The Live Thriller: le concept inclassable qui fait frissonner Paris

The Live Thriller: le concept inclassable qui fait frissonner Paris

En moins d’un an, The Live Thriller s’affiche numéro 1 «Jeux et divertissements à Paris» sur le site TripAdvisor.

 

Après l’avoir classé parmi les meilleurs escape games de la capitale, le Figaroscope est parti à la rencontre de ceux qui font le phénomène. Une expérience insolite à vivre.

 

Voici leur article :

"Au croisement de deux rues, le nonchalant inspecteur Gambale patiente. Pas trop tout de même, cela risquerait de l’agacer. Lui et son supérieur l’inspecteur Nils ont besoin de renfort. Des bleus avec un cerveau et du sang-froid, il en faut pour cette enquête bien sombre autour de laquelle ils tournent en rond. Le topo: 9 scènes macabres, 9 disparus. Insaisissable, le coupable sème la terreur dans tout l’Hexagone. La presse a donné un petit nom au psychopathe: le Metteur en Scène. Sur les lieux du crime, chaque corps est remplacé par un mannequin, habillé avec les vêtements des victimes. Et le cauchemar ne cesse de se perpétuer! C’est ici, avec cet inconnu tout de noir vêtu, dans cette sombre ruelle du XVIIIe, aux alentours du métro Jules Joffrin, que tout commence: interrogatoire musclé, analyse de scènes de crime, filature à travers les rues…

En moins d’un an et majoritairement grâce au bouche-à-oreille, trois trentenaires se sont habilement hissés sur le haut du podium «Jeux et divertissements à Paris» de TripAdvisor. Lancé le 7 mai 2018, The Live Thriller ne se classe dans aucun genre. À l’heure où l’immersif fait son entrée en Europe, lui se démarque en convoquant divers arts et outrepasse l’unité de lieu, usuellement de rigueur. Après l’avoir testé, le Figaroscope a incorporé ces deux heures d’adrénaline dans son top des «meilleurs escapes games de Paris». Nous écrivions alors «Un jeu d’évasion? Terme bien simpliste tant il est transcendé». Du temps, de l’investissement, de l’énergie, il en aura fallu à ce trio pluridisciplinaire pour donner vie à cette aventure hors norme.

 
 

Du cœur et leurs propres moyens

À la base de ce jeu dont les participants sont les héros, il y a une décennie d’amitié et des rêves plein la tête. «Avec Rémy, on se connaît depuis dix ans. On s’est rencontrés dans une école de musique professionnelle, juste après notre bac. Nous sommes musiciens à la base. Je l’entendais toujours répéter “Je veux être indépendant, monter ma propre boîte”. Entre-temps, on a continué nos parcours, j’ai notamment étudié les musiques de films à Berklee (College of Music). À l’été 2015, on se retrouve dans le Sud avec Joris, le frère de Rémy, on avait tous fini nos études. On était chauds, on s’est lancés!» nous raconte Félix Carcone, l’un des cofondateurs. Borderlive naît. Intrigué par les concepts favorisant l’interaction avec le public, le trio foisonnant d’idées se décide à poursuivre dans cette voie emplie de promesse. Les premiers schémas apparaissent dès le lendemain. «Après il nous a fallu trois ans pour tout faire, dont le scénario qui est maintenant déposé» précise-t-il.

Les participants deviennent des enquêteurs et évoluent sur le terrain du serial-killer.

Fans de cinéma et, sans surprise, de thrillers (les œuvres de Fincher, le Silence des AgneauxBone Collector), ils ont de multiples influences: «Tout a été conçu comme un jeu vidéo: les cinématiques, le lien intrinsèque entre l’audio et le visuel, l’agencement des luminosités… On en reprend la structure dynamique. On adore Resident EvilMetal Gear et Heavy Raindont on s’inspire». Les quarante minutes de séquence filmée ont été entièrement réalisées par l’équipe: «C’était une aventure extraordinaire! On a mis plus d’un an et demi à tout mettre en boîte en tournant avec nos amis, nos familles. On a toujours voulu obtenir une qualité “cinéma”». Le tournage laisse à Félix des souvenirs chargés d’émotions: «Je me souviens de la séquence dans l’abattoir, en pleine nuit. Je filmais un plan tout seul dans un long couloir et je me suis mis à m’inquiéter de ne plus voir le reste de l’équipe. Une autre fois, on s’est faits arrêter par la BAC, sur le bord d’une route alors qu’on tournait une scène avec les mannequins… D’un point de vue extérieur, ça devait faire flipper les passants (rires)».

«Le seul risque, c’est d’y croire» comme slogan

Félix Carcone compose et produit lui-même la playlist des musiques du jeu: «Ça a pris un an, jusqu’en juin 2016. Les sons ont été enregistrés avec un orchestre à Budapest». La traque du tueur en série s’accompagne d’airs stressants, où même la sonnerie d’un téléphone peut s’avérer source d’angoisse. La décoration des lieux, plus Seven que maison hantée (de haut vol, tout de même!) est aussi pointilleuse que le scénario est tatillon. Les garçons ont eu le souci du détail: «La récupération d’objets a duré deux ans et demi. On stockait nos trouvailles dans des pièces qui devenaient vite remplies jusqu’à la taille. Puis on a monté les différents endroits en quatre mois, on dormait quelques fois sur place». Enfin, il a fallu dégoter les «sacrés loustics qui sont la vitrine du projet», comme les appelle Félix. Une vingtaine de comédiens se relaient pour porter avec brio l’histoire cauchemardesque. Mis en situation, les talents ont été recrutés sur leur capacité à improviser. S’adapter est le maître mot: «Comme chaque groupe est unique, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Les acteurs doivent savoir réagir en toute situation».

Le résultat? Un jeu grandeur nature à la hauteur de ses ambitions où chacun est acteur et ressent des sensations exacerbées. Rémy, Joris et Félix ont déjà reçu des propositions émanant de l’étranger mais réfléchissent. «Bien s’occuper de tout le monde à Paris est notre priorité», avant de nous confier en exclusivité «on développe d’autres projets pour les prochains mois, en hiver. Dans un futur très proche… Le plus proche possible. Avec une belle dose de surprises, un concept toujours aussi taré et toujours à Paris». Le suspense, ça les connaît. Une affaire définitivement à suivre."

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The Live Thriller. Paris XVIIIe (adresse communiquée après inscription). Ouvert tous les jours. En semaine, de 16h30 à 22h30. Le week-end, de 9h30 à 22h30. Tarifs: de 46 à 95€ par personne. De 2 à 6 personnes. Minimum 18 ans. À partir de 16 ans avec accompagnant.

 

Retrouvez l'article Figaroscope au complet ici 


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